Vous vous en doutez, ce séjour a été riche d'enseignements. Placée directement sous l'autorité du Parti communiste chinois, l'ECPCC est la plus importante école de formation de la fonction publique chinoise et tous les hauts responsables politiques bénéficiant d'une promotion doivent impérativement y recevoir une formation avant d'accéder à leurs nouvelles fonctions. J'ai évidemment découvert ce système avec beaucoup d'intérêt, d'autant que notre délégation a participé à des réunions et visites en tout genre.
Alors que nous nous sommes rendus dans plusieurs villes, j'ai été particulièrement impressionné par le gigantisme de Shangaï (18 millions d'habitants) où c'est désormais un urbanisme de deuxième génération qui se développe. Dans cette métropole, plus aucun terrain n'est disponible et il faut donc détruire les immeubles existants pour en reconstruire de plus gros. Aucun droit des tiers n'existant en Chine, tout cela est fait avec une rapidité d'exécution impressionnante. Voire vertigineuse si j'évoque les trois niveaux d'autoroutes qui se superposent sur les artères urbaines du centre-ville !
Une autre visite m'a marqué, celle de l'entreprise EMC2 qui appartient à un groupe américain fabriquant des logiciels. Ses dirigeants ont créé 500 emplois en deux ans et ils en promettent autant d'ici à 2011. Les employés ont tous été recrutés parmi l'élite des universités chinoises mais les meilleurs d'entre eux ne sont rémunérés qu'à hauteur de 1 000 euros par mois (le niveau de vie est 2,5 fois inférieur). Après le travail de force, on assiste donc à une forme d'esclavagisme basé sur le travail intellectuel. Pas facile à accepter...
Si vous vous baladez sur Internet, vous pourrez constater que notre délégation a suscité la curiosité de nombreux journalistes dont ceux de l'agence chinoise Xinhua (articles relayés sur french.china.org.cn ou encore sur french.peopledaily.com.cn). J'ai ainsi eu l'occasion de m'exprimer sur la première préoccupation de la Chine qui reste encore, à mon sens, de nourrir et de loger sa population. On ne peut essayer d'appliquer notre approche française à ce pays qui compte désormais 1,3 milliards d'habitants. Seule la Chine pouvait choisir sa propre voie de développement.